Une analyse de la conjoncture est essentielle pour bien comprendre le contexte économique et social dans lequel nous avons eu à négocier les conventions collectives de l’industrie de la construction. Il a fallu tenir compte de la réalité dans laquelle étaient plongées notre industrie et toute l’économie du Québec lorsque nous avons eu à mener les discussions pour arriver à un accord d’un principe pour le renouvellement de ces conventions.
Une économie fragile
La croissance du PIB réel québécois a oscillé entre 0,4 % et - 1 % en 2009. Ce taux, qui était de 2,2 % en janvier 2010, a dégringolé à 0,6 % en juillet. Par ailleurs, il ne faut jamais oublier que l’industrie de la construction et ses activités indirectes comptent pour près d’un tiers du PIB! C’est pour cette raison que le gouvernement québécois, sous la pression de la population, a augmenté considérablement ses investissements et fait de la construction le fer de lance de son plan pour soutenir et relancer l'économie du Québec lors de la dernière récession.
Cette orientation a donc permis à notre industrie de bénéficier directement de toutes ces mesures et d’amoindrir les effets dévastateurs qu’aurait pu avoir la récession sur notre industrie. Bien que les prévisions économiques demeurent encore relativement optimistes pour le Québec, la situation est encore extrêmement volatile et fragile. C’est dans ce contexte que nous avons eu à conclure une entente pour le renouvellement des conventions collectives.
Un gouvernement qui était bien décidé
En plus, le gouvernement a pris le soin de nous annoncer qu’il ne laisserait pas trainer une grève bien longtemps dans l’industrie de la construction et qu’il fixerait lui-même les conditions de travail, dont les améliorations salariales. Nous avions en mémoire que c’est ce même gouvernement qui en était venu à une entente avec les employés de l’État au cours des derniers mois; entente qui prévoyait des augmentations de 1,4 % par année.
Un règlement souhaité !
Des négociations parfois difficiles, qui ont duré pendant plus de huit mois, ont également été des éléments auxquels les membres du comité central de négociation ont été confrontés.
Ce comité était conscient du fait que les travailleurs et les travailleuses de la construction souhaitaient un règlement de leurs conventions collectives le plus rapidement possible et qu’ils ne désiraient pas subir davantage de pertes de salaire. Depuis l’expiration des conventions collectives, le 30 avril dernier, chaque travailleur était privé en moyenne de 55 $ par semaine en augmentations de toutes sortes. Cette perte était sans compter celle qu’il aurait subie lors d’un débrayage général.
Plusieurs centaines de travailleurs avaient d’ailleurs déjà fait des sacrifices en menant des moyens de pression un peu partout au Québec. Ils ont réussi à faire fléchir les employeurs et ont indiqué leur ferme volonté à soutenir leurs négociateurs syndicaux. Cette solidarité et cette voix unique ont permis au comité de négociation d’en arriver à des ententes plus que satisfaisantes. Encore une fois nos acquis auront été très durement gagnés par les luttes menées par nos membres, mais il a fallu savoir quand il était temps de conclure. C’est notre responsabilité !
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